C'est l'histoire des Macauley, une famille comme tant d'autres, au coeur de l'Amérique profonde, à Ithaca, Californie ; une comédie humaine contée de l'au-delà par le père, mort depuis deux ans mais si présent dans la mémoire des siens qu'il lui arrive de se matérialiser lorsque l'un ou l'autre pense très fort à lui. Sa femme lui a donné quatre enfants. Une fille, Bess, tendre et dévouée, à l'image de sa mère. Et trois garçons, Ulysses, le petit, en admiration devant ses frères : Marcus, l'aîné, parti au loin pour défendre la patrie en guerre, et Homer, chef de famille par la force des choses, encore étudiant et déjà au travail. Ce travail – postier – Homer l'adore car il lui ouvre les portes et les coeurs. S'il se plaît à chanter à leurs destinataires le texte des télégrammes de voeux, il lui incombe aussi d'annoncer aux mères la disparition au combat de leur fils. Et le bureau de poste, pour Homer, est un autre chez soi. Il y retrouve Willie Grogan, télégraphiste depuis toujours, papy chaleureux et bonhomme, un brin porté sur le whisky ; et Tom Spangler, son chef au coeur sur la main, qui va bientôt épouser la belle et riche Diana Steed. Certes, Diana n'est pas du même monde que Tom, mais elle l'aime, donnant raison à Miss Jicks, une enseignante du collège qui, un jour, a dit à Homer : « Malgré vos différences, respectez-vous ; c'est ça, être civilisé. » Marcus écrit beaucoup à Homer, de longues lettres où son copain Tobey tient une grande place. À ce garçon, sans famille ni attaches, Marcus à tout dit de son bonheur, des Macauley, de ses frères et de Mary, sa fiancée. Il lui a aussi parlé de Bess, sa jolie soeur qu'il aimerait s'il venait à la rencontrer. Un dimanche, Homer est passé au bureau. Il y a trouvé, affalé sur le téléscripteur, le vieux Grogan, non pas ivre, mais mort. Et il a lu le dernier télégramme, à l'en-tête du Ministère : Marcus est tombé au combat ! Spangler s'efforce de consoler Homer : « Dis-toi que le meilleur de lui ne mourra jamais », les mêmes mots qu'emploie Mrs. Macauley lorsqu'elle parle de leur père à ses enfants. Devant chez lui, où il va annoncer la terrible nouvelle, Homer est interpellé par un soldat qui, radieux, lui dit: "Je sais tout de toi". C'est Tobey. "C'est plus facile à présent, rentrons ensemble", lui répond Homer, rasséréné. Et les ombres de Marcus et de Mr. Macauley leur emboîtent le pas: "Tu vois, Marcus, la fin est un commencement"...